Ghadamès ...la perle du désert

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Durée du séjour recommandée : 2 jours

Un voyage qui vous amènera quelques siècles en arrière lorsque le commerce caravanier était à son apogée.

Légende et réalité se mêlent quant à l’origine de Ghadamès, un petit trésor architectural en plein Sahara libyen Photo Libye - Ghadamesaux frontières de la Tunisie et de l’Algérie. Animé autrefois par les senteurs des marchés et le bruit des caravanes, ce berceau d’une civilisation « berbèro-arabe » est inscrit au Patrimoine mondial » depuis l’année 1986. Un ruban d’asphalte long de 650 km sépare Tripoli de la vielle ville de Ghadamès qui, sans la reconnaissance de l’UNESCO, ne serait plus qu’un souvenir pour ces vieux ghadamsis qui se retrouvent encore aujourd’hui, pour palabrer à l’abri des rayons du soleil tout en savourant quelques dattes accompagnées d’un verre d’eau rafraîchissante.
 
Sa population berbérophone serait originaire d’Egypte. Il y a plus de 5000 ans, en découvrant « La source de la jument », quelques hommes et femmes bâtirent la cité de Ghadamès, « ghadana » (déjeuner) et « ams » (hier), le « déjeuner d’hier », au milieu des dunes.

Photo de Libye - Ghadames - Remparts« A cette époque, les razzias, quotidien des tribus nomades poussaient les cavaliers à parcourir le désert sur des centaines de kilomètres. Des hommes venant de la lointaine Egypte, s’arrêtèrent pour déjeuner, avant de reprendre leur chevauchée vers l’ouest. Le lendemain, à l’heure de préparer le repas, un plat manquait, probablement oublié à l’étape de la veille. L’un d’entre eux rebroussa chemin pour le retrouver. Son plat enfin récupéré, il s’apprêtait à repartir, mais sa jument assoiffée, refusa d’avancer et se mit à frapper le sol avec insistance. Soudain, l’eau jaillit sous ses sabots. Jument et cavalier se désaltérèrent avant de rejoindre le groupe. Au retour de leur razzia, la source coulait toujours. Ils la baptisèrent « Source de la jument » et rentrèrent en Egypte. Mais, à leur arrivée, un violent conflit éclata et leur tribu vaincue, dut s’exiler. Se souvenant de cette source miraculeuse, ils y amenèrent leurs familles, y édifièrent les premières maisons et y plantèrent des palmiers ». Aujourd’hui, les guides se font un plaisir de vous conter cette légende lorsque émerveillé, vous pénétrez à l’intérieur des remparts.

La cité de Ghadamès était née pour prospérer. Carrefour privilégié du commerce caravanier, les tribus nomades et les touaregs prirent l’habitude d’installer leur campement près de cet oasis dans le désert du sud ouest du Fezzan. Certains y restèrent, et surent tirer partie de la situation stratégique de Ghadamès à la croisée des pistes entre Méditerranée et Sahara.

Ghadamès mérite beaucoup plus qu’une simple visite. Déambuler à sa guise à différentes heures de la journée dans les ruelles. Profiter de la lumière qui filtre par quelques ouvertures selon les caprices du soleil. La température avoisine 50°C à l’extérieure des remparts, mais qu’importe, un audacieux système d’aération permet de jouir de la fraîcheur dans la ville. Nul besoin d’un itinéraire précis pour profiter de cette ambiance et se laisser imprégner des senteurs oubliées des marchés africains et entendre au loin les bruits des caravanes épuisées par leur voyage dans le désert.

Ce fut l’une des premières villes fortifiées du Sahara. Les remparts protégeant Ghadamès du vent et des pillards, entourent encore une partie de la cité. On entre dans la ville par l’une des portes en bois de palmier qui devaient être verrouillées à la tombée du jour. A l’heure du crépuscule, les femmes abandonnaient leur domaine pour se rendre dans une des six mosquées. Dans l’obscurité totale des rues, la cité s’animait d’une multitude de bruits codés, des signalements émis par les habitants pour ne pas se heurter et éviter toute rencontre entre hommes et femmes.

Ghadamès - Thé chez l'habitant - Autre LibyeLes habitants du ksar, dont l’activité principale, était le commerce, possédaient à l’extérieur des fortifications, des jardins où ils y cultivaient quelques légumes à l’ombre des palmiers. Ces petits champs protégés de murets servaient aussi d’enclos pour les moutons. Un impressionnant réseau de canaux d’irrigation parcourait les allées bordant ces jardins. Quelques ghadamsis les entretiennent encore aujourd’hui.

Sept quartiers divisent la ville et l’on passe de l’un à l’autre en franchissant une porte en bois surmontée de motifs géométriques qui ornent les murs blancs. Un remarquable dédale d’allées étroites assure la jonction entre les quatre rues principales. Chacune amène le visiteur dans un enclos à l’air libre, lieu privilégié des rassemblements publics et des marchés.

Les maisons en toub*, accolées les unes aux autres, sont toutes construites sur deux étages, selon un modèle identique. La circulation d’air y est permanente grâce aux lucarnes percées au niveau du toit. Ces ouvertures laissent pénétrer la lumière dans les pièces. La porte en bois de palmier, recouvertes de rubans multicolores les jours de fête, s’ouvre sur un couloir aux murs décorés de motifs rouges. Ces dessins incombaient à la future épouse qui, selon la tradition, peignait en toute liberté les murs quelques jours avant le mariage. Ces motifs codifiés, devaient conjurer le mauvais œil et préserver la fidélité de l’époux.
Au premier étage, les murs peints de la pièce principale, disparaissent sous les plats en cuivre, les vanneries, les miroirs et les coussins brodés. De nombreux tapis recouvrent les sols. En pénétrant dans les chambres au deuxième étage, le regard est attiré par une alcôve, la chambre nuptiale. Un rideau la sépare des autres pièces pour préserver l’intimité des jeunes mariés.

D’une incroyable richesse, Ghadamès fut pourtant le théâtre d’une succession d’invasions. Elle fut occupée par Carthage, puis conquise par les romains qui en firent une cité fortifiée. Sous le règne de l’empereur Septime Sévère, ils y installèrent leur légion et lui donnèrent le nom de « Cydamus ». Leur domination dura plus de deux siècles et prit fin lorsque l’empereur byzantin Justinien envoya ses troupes à la reconquête de l’empire de la Rome antique. Les habitants de religion idolâtre, furent christianisés sous cette nouvelle juridiction. A la fin du VIème siècle, les conquérants arabes atteignirent Ghadamès, et convertirent les Berbères à l’islam. Des mosquées furent édifiées dans la ville. Les ghadamsis ont cependant, su garder leur identité culturelle. Au cours des siècles qui suivirent, ils se contentèrent le plus souvent d’acquitter leurs impôts à leurs maîtres arabes ou berbères, puis ottomans, italiens et français avant de retrouver leur indépendance avec l’abandon de la Libye par l’Italie en 1951.

Elle coulait depuis plusieurs millénaires et avait fait la richesse de toute une population de nomades. Et pourtant, c’est à cette époque que la source « Aïn al farès » fut asséchée. Mais Ghadamès n’abritait déjà plus que 2000 habitants alors que sa population atteignait les 7000 personnes en 1850. L’exode vers Tunis et Tripoli avait commencé avec l’arrêt du commerce caravanier. Les ghadamsis, relogés dans la ville nouvelle si peu attrayante au cours des années 80, ont cessé d’entretenir leurs anciennes demeures. Ces maisons d’argiles auraient à jamais disparu dans les sables du désert sans la reconnaissance de cet oasis comme patrimoine mondial. Ghadamès ne tombera pas dans l’oubli. Chaque année, au mois de novembre, trois jours durant, un festival où se succèdent spectacles et danses fait revivre le ksar.

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* Le toub est constitué de briques d’argile séchées

Texte écrit par Hélène Petit


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